• Départ pour la pêche de Georges Cocks (écrivain)

     

    Le départ pour la pêche


     

    Photo : photoway.com

     


    Les hommes ont retroussé leurs pantalons jusqu’aux genoux, comme on retrousse les manches d’une chemise de coton qui ceint les hanches d’un noeud papillon solide et maladroit.

     


    Tandis que la force des bras et des mollets, comme une addition sans retenue, une parfaite équation, conjugue les efforts soutenus pour mettre à l’eau une barque rebelle qui résiste en traçant un sillon dans le sable endormi par les caresses incessantes des vagues déferlantes.


     


    Elle se cabre comme un cochon sauvage après la première claque que lui donne la mer, et le sillon,  qui vient de saigner le sable blanc par la quille aiguisée ; disparaît comme une vapeur, comme l’oubli dont on ne se rappelle rien.


     

    L’eau froide qui vient de lécher les jambes charnues, comme les branches des flamboyants, plaque les poils dans une soumission instantanée sur la peau noire des marins pêcheurs.


     

     


    Le  bras de fer peut commencer avec la mer pour quelques poissons, les armes à la main, le petit canot prend l’air d’un poisson volant, les nageoires en bois l’éloignent du rivage où twa pitit tibougs tombés du lit les prennent à témoin, espèrent un jour pouvoir prendre la relève.

     

     


     

    Twa pitit tiboug : trois petits garçons.

     


     Extrait de son dernier ouvrage "Souvenirs d'antan de la guadeloupe"


     

     

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    Visitez son site, il écrit merveilleusement bien :


    http://cocksgeorges.jimdo.com/nouveaut%C3%A9s/

     

     

     

     

     

    Bonne lecture...

     



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